Demain mercredi, le mois de septembre de l’an 2009 s’achèvera et avec lui prendra également fin mon contrat à Libé. Certains étaient déjà au courant (si j’osais, je dirais même que «la nouvelle a éclaté sur Twitter comme un furoncle sur un gâteau de mariage»), d’autres pas. Quoiqu’il en soit, pour tous, un minimum d’explications me semble nécessaire. Afin de faire taire des rumeurs aussi persistantes que fantasques autour de mon départ d’Ecrans.fr, je me dois d’être clair. Voici donc, chers amis…
…LE TOP 5 DES FAUSSES RAISONS DE MON DEPART DE LIBERATION
- n°5 : Dans un souci de personal branding, j’aurais décidé de créer la marque Alex Hervaud ©.
Balivernes ! Je démens formellement ce genre de bruits de couloir colportés par des apôtres zélés de Xavier Ternisien. Si j’ai effectivement été approché par un ingénieur développant en secret un prototype de mousse à raser amincissante (pré-baseline : «Lose the hairs and the fat, not the style»), j’ai vite compris que les arcanes du cosmetic business n’étaient guère plus porteuses que celles du journalisme en ces temps de crise mondiale. Mon nom ne sera donc pas, du moins pour l’instant, associé à un produit autre qu’une création de mon esprit pour un média établi.
- n°4 : Mes accointances avec Sylvain Lapoix, bête noire des rédacteurs en chef de France, m’auraient coûté mon poste.
Foutaises ! Ma présence aux deux manifestations corporatistes organisées par ce sympathique bien qu’hirsute confrère de Marianne2.fr ne signifie en aucun cas que je partage ses croyances totalement farfelues sur l’avenir du journalisme online («le web doit être défendu comme un support à part entière et les journalistes qui y officient comme les professionnels de l’information qu’ils sont.», ce genre de conneries gauchistes). Elle est bien jolie, son association Djinn (Développement du journalisme, de l’information et de l’innovation numérique), mais je nie toute implication dans son fonctionnement, et l’idée de contredire le modèle actuel en vogue dans les rédactions parisiennes ne me viendrait jamais à l’esprit.
- n°3 : Revenant à mes premiers amours, j’aurais décidé de me lancer dans le milieu du cinéma.
Carabistouilles que voilà! Si j’ai certes, en mon temps, fantasmé sur une carrière à la Peter Jackson ou Dawson Leery, signant coup sur coup des chefs d’œuvres du septième art underground comme La Dernière Danse d’Adolf ou Pretty Batman, en aucun cas ce genre de velléités cinématographiques ne sont désormais d’actualité pour bibi. Certes, je continue d’envoyer en moyenne trois scénarios par an à Troma, dont mon fameux Helmet Underground (un biker movie hardcore avec des clones zombies de Lou Reed, le tout situé dans un New York 70’s post-apocalyptique avec Dolph Lundgren dans le rôle d’Andy Warhol), toujours sans succès, mais ce genre de mésaventures n’a aucune incidence sur mon engagement journalistique.
- n°2 : La polémique Filip Nikolic aurait motivé un licenciement pour faute grave.
N’importe quoi ! Insulté par mail, vilipendé dans les commentaires, taclé par un sbire de Morandini en direct sur Europe 1… : certes, c’est peu dire que mes quelques phrases sur la trop courte carrière cinématographique de Filip Nikolic auront fait jaser, mais NON, rien à voir avec le trépas prématuré de la star de Longjumeau dans mon départ précipité du vénérable quotidien de la rue Béranger. J’aurais tant aimé pouvoir blâmer les fans hystériques des 2be3 pour ma situation actuelle, je me serais battu comme un lion, j’aurais fait fuiter l’info au Canard Enchaîné, j’aurais occupé le hall de Libé sur un matelas de fortune entouré d’amis syndicalistes dans une ambiance de veillée funèbre (souvenirs, souvenirs). Au lieu de quoi, je pars sans parfum de scandale, sans auréole d’un Spartacus agonisant sous les coups répétés de l’autorité sans foi ni loi. En même temps je m’en branle, j’aurai une prime de précarité.
- n°1 : Libé n’aurait plus un sou, les caisses seraient vides, Ecrans.fr serait délocalisé à Madagascar
AH AH AH ! Bullshit sur toute la ligne, les amis ! A ceux qui penseraient bêtement que Libé dégraisse à tout va, sachez que mon départ est uniquement du à la fin de mon deuxième CDD successif, et que légalement, à moins d’embaucher le salarié en CDI (terme tabou, l’équivalent dans la presse française du mot “Voldemort” à Poudlard), l’entreprise se doit de s’en séparer. Quitte à le reprendre une fois sa période de carence effectuée, ce qui sera vraisemblablement mon cas, sauf si Endemol se décide enfin à inspecter mon CV. Libé ne se sépare donc de moi que pour mieux embaucher parmi la multitude de chair fraîche disponible, et sachez en quasi-exclu que ma chaise ne restera pas froide longtemps ! Dès jeudi, le fort sympathique Manuel Raynaud, big boss du site Spin-off consacré aux séries TV, me succèdera à Ecrans. Je compte sur lui pour initier nos lecteurs aux bienfaits de Better off Ted, Bored to Death et autre Vampire Diaries (euh…non, pas ça), et lui fais entièrement confiance pour être à la hauteur du job.
Quant à moi, j’ai plusieurs pistes à explorer le temps de ces trois mois forcés hors des murs de Libé, et vous devriez normalement relire ma prose «nauséabonde» (copyright Cricri Beaugrand) dans un laps de temps limité. Pour moi, l’avenir est un peu flou, mais excitant. Un peu comme un porno sur Canal sans décodeur. LOL.
